On fait la BD: Les aventures de p’tit filou, Haïti mon amour

haiti  P’tit filou le visage fermé, regarde du pont du navire son Haïti d’amour, son merveilleux, son Haïti de liberté disparaître à l’horizon comme s’il avait été avalé par un trou noir. Lui, p’tit filou, était fort heureux sur son territoire : le marché en fer, le plus grand de Port-au-Prince. Voilà son univers. Son paradis. Il lui suffisait d’y faire un tour pour remplir sa panse et prendre son pied dans une course poursuite ; conséquence de sa délinquance naissante. Pour survivre, p’tit filou ne doit pas s’éloigner de sa garde à manger que constitue le marché. Détesté par les revendeuses, il le leur rendait si bien en chipant fruits et friandises. Quand bien même il souffre parfois de solitude, il aime bien sa petite vie qui est loin d’être la plus ennuyeuse sur la planète. « Dans ces rues où j’ai toujours vécu, on m’appelle comme ça : p’tit filou.je n’ai de compte à rendre à personne. Je peux dormir tard et m’amuser toute la journée comme je veux. Personne ne peut m’obliger à faire ce que je n’aime pas ; j’adore la vie que je mène » disait-il. Cependant, le navire continue de s’éloigner et son visage se crispa davantage.
Il vit tout un drame. Un inconnu, un blanc aux intentions non élucidées, un journaliste qui prétend faire dans l’humanitaire vient de l’enlever pour, disait-il, le paradis des ricains. Pour ce fameux journaliste, en effet, p’tit filou et les enfants kidnappés seront plus heureux aux USA. Il pense les mettre dans des foyers d’accueil où, ils seront à l’abri du besoin. Mais voilà que l’un de ces petits, pendant que le navire voguait sur les flots de ces eaux profondes, à préférer se jeter à la mer et retourner à port-au prince à la nage, que d’aller dans un pays inconnu.
La question de l’immigration revient dans cette BD sous une autre forme. Cette dernière ressemble plus à la traite et à l’esclavage qu’à une fuite des cerveaux et de la main-d’œuvre. Il est question des enfants kidnappés mais, dirait-on pour une bonne raison. Un inconnu qui débarque de nulle part et vous enlève parce qu’il vous veut du bien !!!? C’est incroyable ! Assem Koffivi et KanAd nous propose une réflexion assez originale surtout qu’elle est livrée sous la forme d’une BD donc, pour un public qui va des tout petits jusqu’aux adultes en passant par les jeunes. Chacun à partir du positionnement du binôme Assem et KanAd est appelé à mener sa propre réflexion sur la question de l’immigration car les avis sont et demeureront toujours partagés. Quant à P’tit filou, il aime son Haïti au-delà de toutes considérations et ne troquera jamais sa liberté contre le confort d’un univers qui n’est le sien.
Cette BD parue chez AGO est à lire absolument et faire lire si possible.

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